Publié le 16/08/21

Matériaux du bâtiment : le guide concret pour les débutants

Quand on arrive dans le bâtiment sans expérience, la première chose qui frappe, c’est la quantité de matériaux différents que chaque métier manipule. Du cuivre que le plombier cintre au béton que le maçon coule, chaque professionnel a son langage de matières.

Pas besoin de tout connaître avant de commencer une formation : vous apprendrez sur le tas. Mais avoir une idée de ce avec quoi vous allez travailler vous aidera à choisir le métier qui vous correspond le mieux. Voici un tour d’horizon concret, métier par métier, des matériaux que vous croiserez tous les jours dans le BTP.

Vaste chantier de construction en béton armé avec armatures en acier, coffrages modulaires et ouvriers au travail — illustration des matériaux du bâtiment en conditions réelles.

Plombier-Chauffagiste : le royaume du cuivre et du PER

Le plombier-chauffagiste passe ses journées à façonner des tubes. Le cuivre reste le matériau noble du métier : il se cintre, se brase et résiste aux fortes températures. C’est le choix numéro un pour les circuits de chauffage central et les arrivées d’eau.

Mais le cuivre coûte cher, et depuis une vingtaine d’années, le PER (polyéthylène réticulé) et le multicouche (aluminium pris en sandwich entre deux couches de PER) ont pris une place énorme. Plus souples, plus rapides à poser, ils sont utilisés pour les réseaux de distribution d’eau sanitaire et les planchers chauffants. Vous apprendrez à travailler ces trois matériaux en formation.

En évacuation, c’est le PVC qui domine : léger, facile à coller, imputrescible. Pour le gaz, on utilise de l’acier galvanisé ou du cuivre écroui. Et si vous vous orientez vers la partie chauffage, vous croiserez aussi des radiateurs en fonte (en rénovation), des radiateurs en acier (en neuf) et des émetteurs en aluminium pour les pompes à chaleur.

Électricien du bâtiment : câbles, gaines et appareillages

L’électricien travaille avec des matériaux qu’on ne voit plus une fois le chantier fini — mais ils sont partout dans les murs. Le câble est sa matière première : conducteurs en cuivre gainés de PVC, de différentes sections selon l’intensité du courant à transporter (1,5 mm² pour l’éclairage, 2,5 mm² pour les prises, 6 mm² pour les plaques de cuisson…).

Ces câbles passent dans des gaines ICTA (isolantes, cintrables, annelées) qui les protègent et permettent de les remplacer sans tout casser. Tout converge vers le tableau électrique, où se trouvent les disjoncteurs, les interrupteurs différentiels et les borniers de raccordement. En formation, vous apprendrez à câbler un tableau de A à Z.

En surface, vous poserez des boîtiers d’encastrement, des interrupteurs et des prises (en plastique ou en métal, selon le look et le budget). Et ne sous-estimez pas les petits accessoires : dominos, wagos, colliers de serrage, chevilles… Un bon électricien a toujours les bons consommables sous la main.

Couvreur-Zingueur : tuiles, ardoises et zinc

Le couvreur travaille les matériaux les plus visibles d’un bâtiment : ceux qui protègent de la pluie, du vent et du soleil. La tuile en terre cuite est la star des toitures françaises : économique, durable, disponible en dizaines de formes (canal, plate, à emboîtement…). Chaque région a sa tradition et son type de tuile.

L’ardoise naturelle, plus chère mais quasi inusable, est typique du grand Ouest et des bâtiments haut de gamme. Elle se pose au crochet sur des liteaux en bois traités. Le zinc est le matériau signature du zingueur : il sert pour les gouttières, les chéneaux, les rives de toit et les façades. Il se travaille à froid, par pliage et soudure.

En toiture plate ou terrasse, on utilise des membranes d’étanchéité (bitume élastomère SBS, EPDM synthétique, PVC armé). Le couvreur pose aussi des écrans de sous-toiture (films respirants qui bloquent l’eau mais laissent passer la vapeur) et des panneaux isolants rigides. Le bois de charpente (sapin, épicéa, douglas) complète le tableau.

Menuisier Installateur : bois, alu et vitrages

Le menuisier installateur touche à tout ce qui est en bois — et aujourd’hui, aussi à l’aluminium et au PVC. Le bois massif (chêne, hêtre, pin, exotiques) reste le matériau de cœur pour les aménagements intérieurs, les escaliers et les placards sur mesure. Chaque essence a sa dureté, son veinage et son comportement face à l’humidité.

Pour les menuiseries extérieures (fenêtres, portes, baies vitrées), le bois est souvent remplacé par l’aluminium (léger, solide, zéro entretien) ou le PVC (moins cher, bonne isolation thermique). Les vitrages sont un monde à eux seuls : simple, double, triple vitrage, avec gaz argon pour l’isolation, ou feuilleté pour la sécurité.

Vous manipulerez aussi des panneaux dérivés du bois : MDF (lisse, parfait pour la peinture), OSB (structurel, économique), contreplaqué (multicouche, résistant). Et n’oublions pas la quincaillerie : charnières, poignées, serrures, coulisses de tiroir — un bon menuisier connaît ses fournisseurs.

Maçon VRD : béton, parpaings et enrobés

Le maçon VRD (Voirie et Réseaux Divers) travaille les matériaux les plus lourds et les plus structurants. Le béton est son matériau roi : mélange de ciment, de granulats (sable, gravier), d’eau et d’adjuvants, il se coule dans des coffrages pour former des fondations, des dalles, des murs ou des ouvrages d’art.

Pour les murs, le parpaing (bloc de béton manufacturé, aussi appelé agglo ou moellon) est l’élément de base. Il se monte au mortier (ciment + sable + eau), avec des fers à béton (armatures en acier) pour renforcer les points structurants. En rénovation ou en bâti ancien, vous pourrez aussi travailler la brique pleine ou la pierre de taille.

Côté VRD, vous poserez des regards de visite en béton ou en PVC, des canalisations en PVC ou en fonte pour l’assainissement, des tuyaux PEHD pour l’eau potable et des fourreaux pour les réseaux électriques et télécom. En surface, les enrobés bitumineux (le « goudron » des routes et trottoirs) et les pavés autobloquants complètent le paysage du maçon VRD.

Technicien de maintenance CVC : PAC, splits et gaines

Le technicien CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation) évolue dans un univers de machines et de fluides. La star du moment, c’est la pompe à chaleur (PAC) : air-air, air-eau, ou géothermique. Elle contient un fluide frigorigène (R32, R410A, R290) qui transporte la chaleur par changement d’état. Manipuler ces fluides demande une habilitation spécifique.

Les PAC sont reliées à des unités intérieures (splits muraux, consoles, cassettes de plafond) par des liaisons frigorifiques — deux tubes en cuivre isolés qui transportent le fluide entre l’unité extérieure et l’intérieur. Vous poserez aussi des gaines aérauliques (en tôle spiralée ou en flexible isolé) pour distribuer l’air chaud ou froid dans les bâtiments.

En chauffage central, le technicien CVC installe des chaudières (gaz à condensation, fioul, biomasse), des ballons d’eau chaude (électriques ou thermodynamiques) et des vases d’expansion. Il raccorde tout cela avec du cuivre, de l’acier ou du PER. Les régulations (thermostats, sondes, vannes motorisées) sont le cerveau de l’installation — et un bon technicien sait les paramétrer autant que les poser.

Se former avec les bons matériaux à l’École Gustave

Dans tous les métiers du BTP, une chose est sûre : on apprend en touchant la matière. C’est pour ça qu’à l’École Gustave, chaque formation se déroule dans de vrais ateliers, avec de vrais matériaux et de vrais outils. Vous cintrerez du cuivre, câblerez des tableaux électriques, poserez des tuiles sur une charpente d’exercice et coulerez du béton dans un espace dédié — encadré par des formateurs issus du terrain.

Toutes nos formations sont financées et accessibles sans diplôme. Elles commencent par un bootcamp intensif de 3 mois pour acquérir les bases, suivi d’une alternance de 12 mois en entreprise pour monter en compétence tout en étant rémunérées.

Curieux d’en savoir plus sur un métier ? Venez découvrir nos formations :

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École Gustave