Publié le 13/03/26
De l’animation au BTP : le récit de Corentin
📅 Âge : 28 ans
📍 Campus : Lille
🎓 Formation : Électricien·ne du bâtiment
À 28 ans, Corentin a décidé de tourner la page du secteur social, après des années d’animation en écoles, EHPAD et hôpitaux, auprès de publics très variés. Attiré par le bâtiment et conseillé par son entourage et France Travail, il se réoriente vers l’électricité et rejoint l’École Gustave à Lille. Aujourd’hui en alternance chez Dévelop‑Elec à Tourcoing, il travaille aux côtés de son père et raconte comment il a trouvé un métier manuel dans lequel il se projette sur le long terme.
Du social au bâtiment : changer de voie après dix ans de petits boulots
Après un bac littéraire, Corentin s’oriente d’abord vers des études de musicologie à l’université, mais réalise rapidement qu’il ne s’y épanouit pas. Il décrit ce milieu comme très élitiste et très théorique, réservé à des profils au bagage musical déjà très avancé, alors que ce n’est pas son cas.
Il enchaîne ensuite de nombreux petits boulots, notamment dans le service public et le secteur social : animation en écoles, en EHPAD, en hôpital, auprès de publics très variés (enfants, personnes âgées, adultes, personnes en situation de handicap). Ce sont des métiers avec du sens, mais il finit par ressentir un décalage entre ses valeurs et les moyens réellement disponibles sur le terrain. Il parle d’un système qui, selon lui, ne lui permet plus d’exercer comme il le souhaiterait, et finit par conclure que ce secteur « n’est pas fait pour lui », malgré toutes les expériences accumulées.
C’est dans ce contexte qu’il se tourne vers le bâtiment, un univers qu’il sait déjà apprécier et qui lui semble offrir des perspectives plus concrètes et plus alignées avec sa façon de travailler. Il pense d’abord à une formation de plaquiste, avant d’être réorienté vers l’électricité.
Choisir l’électricité et découvrir l’École Gustave
Sur recommandation de personnes de son entourage déjà dans le BTP et de France Travail, Corentin est encouragé à viser plutôt le métier d’électricien du bâtiment. On lui explique que ce métier est porteur, technique, et offre des perspectives d’évolution intéressantes, ce qui le convainc progressivement de changer de projet.
C’est un autre apprenant de l’École Gustave qui lui parle de la formation et de son fonctionnement. Séduit par ce retour d’expérience, Corentin se renseigne, trouve rapidement une entreprise d’accueil, puis s’inscrit sur le campus de Lille. Il explique que tout s’est fait très vite : entreprise, inscription, intégration de la formation en novembre, puis premières semaines d’alternance dans la foulée.
Revenir en formation après dix ans : appréhension et cohésion de promo
Corentin n’avait pas remis les pieds dans un cadre scolaire depuis une dizaine d’années, ce qui nourrit au départ une vraie appréhension. Il se demande comment il va vivre le retour en salle de cours, le rythme des journées d’école, et la dynamique de groupe avec une nouvelle promotion.
Finalement, les premiers mois de bootcamp à l’École Gustave se passent très bien. Il tombe sur une promo avec laquelle le courant passe rapidement. Les liens se resserrent au fil des semaines, au point qu’il parle aujourd’hui de « vrais amis », qu’il continue de voir en dehors des cours. Ils partagent les repas, les temps de pause, et profitent pleinement des semaines à l’école entre les périodes en entreprise.
Au‑delà de la classe, il décrit un environnement rassurant : il se sent soutenu par l’équipe pédagogique, et souligne le rôle de leur responsable de formation, Alexandre, très présent pour s’assurer que personne n’est laissé de côté et que chaque apprenant est accompagné en cas de difficulté.
Une formation pensée pour le terrain
Corentin garde aussi un très bon souvenir de son formateur de bootcamp, Mohamed, fort de plus de vingt ans d’expérience sur chantier. Il insiste sur sa compétence technique et la pertinence des exercices proposés en atelier, toujours en lien avec la réalité du terrain.
Il explique qu’il a vraiment pris la mesure de cette préparation une fois arrivé en entreprise : ce qu’il a appris à l’école lui sert directement sur les chantiers. Les gestes, les méthodes et les réflexes travaillés en bootcamp sont exactement ceux dont il a besoin au quotidien. Il a pu ainsi prendre en main de nombreuses tâches très vite, sans avoir l’impression de découvrir tout de zéro sur le terrain.
Corentin souligne par ailleurs des points plus « pratiques » mais importants pour lui : des locaux agréables, du matériel adapté, quelques avantages liés au fait d’être installé dans les locaux d’un distributeur de matériel électrique, et le sentiment d’être déjà considéré comme un futur professionnel du secteur.
Alternance chez Dévelop‑Elec : travailler aux côtés de son père
Aujourd’hui, Corentin est en alternance chez Dévelop‑Elec, à Tourcoing, une entreprise où travaille déjà son père comme électricien. Il est même positionné sur le même chantier que lui, en grand déplacement, sur un site du côté de Rouen.
Les journées sont intenses, avec un rythme de quatre jours de travail par semaine et de longues amplitudes horaires, mais c’est exactement ce à quoi il s’attendait. Il explique que les trois semaines d’alternance se sont très bien passées et qu’il a pu gagner rapidement en autonomie, notamment lors de sa troisième semaine, durant laquelle il a géré un ensemble de tâches en totale autonomie.
Ce qui lui plaît particulièrement, c’est de travailler de ses mains, de voir les journées filer sans décrocher, puis de rentrer le soir avec la sensation d’avoir « mérité » son repos. Il apprécie aussi le fait que, dans le bâtiment, l’effort fourni se reflète directement dans la rémunération : selon lui, « si on veut gagner beaucoup, on travaille beaucoup », sans avoir l’impression d’être dans une forme d’imposture.
Se projeter dans le BTP et encourager les reconversions
Même si sa reconversion est encore récente, Corentin se projette clairement sur le long terme dans le BTP. Il voit de nombreuses possibilités d’évolution : monter en compétences comme électricien qualifié, évoluer vers des postes de chef d’équipe ou de chargé d’affaires, ou même, plus tard, se tourner vers la formation.
Il apprécie également les avantages du secteur, comme la mutuelle Pro BTP, et dit ne voir, pour l’instant, que des bénéfices à ce choix de carrière. Il reconnaît qu’il est peut‑être encore « sur un nuage », mais insiste sur le fait que ce mode de vie correspond à ses valeurs : travailler dur, se lever tôt, se retrousser les manches et être récompensé en conséquence.
À ceux qui hésitent à se reconvertir dans le bâtiment, parce qu’ils n’ont jamais tenu un tournevis, qu’ils n’ont pas fait de travaux chez eux ou qu’ils se sentent illégitimes – y compris des femmes qui doutent que ce milieu leur soit accessible – Corentin adresse un message clair : si l’on partage les valeurs du travail, de l’engagement et de la persévérance, il ne faut pas hésiter à se lancer. Selon lui, avec un accompagnement adapté et une formation comme celle de l’École Gustave, on peut venir d’un univers totalement différent et trouver sa place sur les chantiers.