Publié le 03/04/26
Jérémie, du graphisme à la plomberie
📅 Âge : 44 ans
📍 Campus : Bordeaux
🎓 Formation : Plombier·ère-chauffagiste
Pendant plus de vingt ans, Jérémie a fait vibrer les images et les typographies plutôt que les tuyaux et les soudures. Graphiste spécialisé en identité visuelle, il a accompagné de nombreuses marques, notamment dans les spiritueux – comme le logo de la marque de rhum de JoeyStarr. Professeur de typographie à l’ECV de Bordeaux, il a évolué dans un univers créatif, intellectuel et exigeant, où la précision était reine.
S’adapter au marché du travail
La précarité croissante du graphisme a tout changé. À 44 ans, père de famille, il cherche un métier stable, avec une vraie sécurité de l’emploi et des perspectives sur vingt ans. Ses recherches personnelles le mènent à la plomberie : le travail du cuivre, les soudures, la dimension concrète et technique du métier l’attirent immédiatement, même s’il ne se considérait « pas du tout bricoleur » au départ.
Un défi relevé en alternance
Jérémie se lance avec sa philosophie : tout s’apprend, et les erreurs font partie du processus. Il démarchait directement les entreprises, se déplaçant en personne pour montrer son sérieux et son engagement. Résultat : une alternance chez CGMI, spécialisée pour les bailleurs sociaux. Bien accueilli partout où il s’est présenté, il a même eu plusieurs opportunités.
Sur le terrain, il est proactif, ne s’attend pas à ce qu’on lui dise quoi faire et anticipe les besoins. Enthousiaste, il se voit comme une éponge : avide d’apprendre, ravi de retrouver un cadre scolaire après des années loin de l’école.
Des formateurs passionnés à Bordeaux
À Bordeaux, Jérémie décrit Abdel, son premier formateur, comme un passionné qui transmet avec enthousiasme et qui a une vraie envie de voir tout le monde réussir. Mona, qui l’a ensuite accompagnée et qui vient elle-même d’une reconversion depuis la mode, lui apporte un regard précieux de personne déjà passée par le même chemin.
Un message fort pour les hésitants
À ceux qui craignent un milieu « rude », Jérémie conseille de venir observer par soi-même. Humainement, c’est plus riche que l’image stéréotypée : son tuteur, peu scolaire mais adorable et pédagogue, lui fait confiance et lui transmet énormément parce qu’il montre de l’intérêt. Ce métier est un casse-tête permanent, où l’on cogite autant qu’on manipule – parfait pour un esprit comme le sien.
Son parcours prouve qu’à 44 ans, sans passé manuel, on peut se réinventer dans la plomberie, trouver sa place sur les chantiers et bâtir un avenir solide.